Le bio mais sans le carbone ! (la suite)

Ayant reçu un commentaire qui m’a fait réagir, suite à l’article paru le 22 mai, je reprends ici ma réponse, car il faut parfois enfoncer le clou !

Revoir l’article.

Le commentaire :

Quel dommage de lire des commentaires si peu objectifs… Vous réduisez l’image du bio à quelques extrémistes en contestant de façon si virulente un agriculteur proposant le concept de la Menthe Poivrée. Des courgettes en boutique non produites dans le champ? Peut être que si vous aviez demandé à l’agriculteur comme je l’ai fait moi même (ou meme à la vendeuse, elles sont aptes à vous répondre vous savez), vous auriez su qu’il avait une problematique : produire suffisamment pour la cueillette et la boutique sur un espace agricole réduit!
75% de la boutique propose des produits locaux, cultivés en saison sur place ou par des agriculteurs de la région. Quant aux autres produits, et bien s’ils permettent de faire venir plus de consommateurs à la bio, c’est toujours mieux pour la planète !
Il est facile de parler du négatif, mais apparemment plus difficile de parler du positif.
Mais au fait, vous êtes venus à la Menthe Poivrée en voiture ou à pied? Ouh la, vous avez donc pollué avec votre essence!!! Il va vite falloir compenser chez Tree Nation…

Ma réponse :

Merci pour votre commentaire. Tout d’abord, je voudrais confirmer que je me rends à la Menthe toutes les semaines ou presque. J’y trouve des produits intéressants à quelques kms de chez moi. J’ai d’ailleurs écrit dans l’article que « l’initiative [celle de la cueillette] est excellente… ». Bien sûr que nous avons demandé à plusieurs reprises pourquoi il y a si peu de produits locaux sur les étals. Jamais la réponse n’a été satisfaisante.
Tant que les légumes sont produits sur place, ce qui est le cas en été, bien sûr que je les consomme. S’ils viennent des producteurs provençaux, j’applaudis. Mais c’est une hérésie de faire venir des légumes d’Italie, d’Espagne, de Belgique ou d’Autriche. Quel intérêt de consommer un légume ‘propre’ produit en Belgique mais qui fait 1000 kms pour arriver dans nos étals, générant moult nuisances et pollutions ? C’est d’autant plus stupide qu’au même moment dans les magasins bio belges, d’autres produits y sont importés de Provence ! Vous n’imaginez pas le ballet anarchique des camions en Europe. Les faire venir d’ailleurs en France ? Mais nous sommes déjà privilégiés en Provence puisque nous produisons 4 fois plus de légumes bio que la moyenne française…
La priorité est plutôt à l’éducation des consommateurs. L’écologie en matière d’alimentation c’est un tout : consommer bio, consommer régional, consommer moins de viande. Consommer local, c’est réduire les nuisances, c’est privilégier les producteurs provençaux qui ont tant de mal à résister à la concurrence européenne. Connaissez-vous le nombre de maraîchers provençaux qui quittent chaque année la profession ?
Avec la banalisation des produits bio en grandes surfaces, avec la revente de produits bio distants dans les magasins spécialisés, au mépris des producteurs régionaux, le bio perd son âme. En quoi représente-t-il encore un concept ‘propre’ au sens global du terme ? Quels sont les garanties ? Dorénavant le logo bio AB ou européen ne suffit plus. Les petits producteurs nous le disent : d’une part, le transport grève le prix du bio en générant des pollutions, d’autre part la certification n’est plus garantie. Savez-vous que même en France, les contrôleurs bio (comme Ecocert par exemple) ne réalisent pas toujours l’analyse des produits mais se contentent de vérifier les factures d’achat !! Qu’en est-il dans les autres pays ?
N’est-il donc vraiment pas possible de se passer de poires en mai ? Faut-il vraiment les faire venir d’Argentine ? Et que diredes fromages de chèvre belges, alors que nos producteurs locaux sont à quelques kilomètres seulement !! C’est insensé.
Bref, si vous avez un peu de fibre écologique, vous ne pouvez pas vous contenter de manger bio, mais il faut impérativement favoriser les filières courtes, privilégier les producteurs locaux.
Encore un mot : le pain de la MP est excellent. Mais quand j’ai appris que la farine venait de Bretagne, j’ai arrêté d’en consommer. Il n’y aurait donc pas de producteurs de farine bio ni de meunier bio en PACA ? Voir par exemple le site du Moulin Pichard (http://www.moulinbio-pichard.com/) aux Mees (04).

Conclusion : le bio deviendra ce que les consommateurs en feront. S’ils contrôlent eux-mêmes ce qu’ils consomment, s’ils prennent la peine de s’intéresser au producteur, s’ils consomment des produits de saison et privilégient les circuits courts, s’ils inscrivent cette consommation dans une démarche écologique globale, alors on peut être réellement optimistes quant à l’avenir du bio.

            Bon, ce tableau est incomplet, surtout pour notre région, mais je vais essayer de trouver mieux…

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Le bio mais sans le carbone ! (la suite)

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